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Bien que cette première vague de protestations ait pris fin, un flot continu de protestation a continué de balayer le pays depuis janvier. En avril, les agriculteurs ont protesté haut et fort contre la mauvaise gestion des ressources en eau, menant une nouvelle série de manifestations qui se sont étendues à cinq grandes villes. Le 19 avril, malgré la présence de forces anti-émeutes lourdement armées, des milliers d’habitants de Kazeroun (sud de l'Iran) sont descendus dans la rue quatre jours pour protester contre le découpage la ville, ciblant les dirigeants du régime. Il y avait une forte présence de femmes dans les rangs des manifestants.

Les récentes manifestations démontrent que les couches défavorisées en Iran aspirent autant au changement de régime que la classe moyenne urbaine. On a même signalé que la police abandonnait ses postes et se joignaient aux manifestants. La base du régime s'évapore et il y a des signes clairs que, comme le régime du chah en 1978, il ne pourra pas se maintenir au pouvoir beaucoup plus longtemps.

La grande colère contre la totalité du régime rend ces dernières protestations différentes des précédentes. Elles signalent que l’opinion publique est passée d'une protestation temporaire contre des politiques particulières à une dissidence généralisée contre l'ensemble du régime.

Cela ressort aussi clairement des slogans des manifestants. Partout dans le pays ont retenti les cris de « A bas Rohani » et « A bas Khamenei », ainsi que « Khamenei criminel, son régime est illégitime » et « réformateurs, conservateur, la partie est terminée ».  Les slogans ne se limitent plus comme au déclenchement des protestations, à la hausse des prix et aux seuls malheurs économiques. Ils reflétaient un ardent désir de changement de régime.

QUELLE EST LA SITUATION ACTUELLE EN IRAN ?

L'Iran est un pays en crise. Pendant quatre décennies, une tyrannie religieuse a gouverné l'Iran par la répression, la torture et les exécutions, ne tolérant aucune opposition.

Les secteurs les plus démunis de la société iranienne protestent dans des actes de défi sans précédent : il s’agit par exemple des travailleurs ou des enseignants, qui ne sont pas payés pendant des mois, ou des agriculteurs, dont les ressources en eau (rivières et nappes phréatiques locales) sont détournées de leurs voies naturelles vers des industries des gardiens de la révolution, principal levier de la répression. 

La pauvreté et le chômage sont endémiques, laissant des millions de diplômés universitaires sans emploi, forçant certains jeunes à vendre leur rein ou leur cornée pour subvenir aux besoins de leur famille. Les maux sociaux sont monnaie courante, comme le nombre élevé de suicides chez les jeunes, en particulier chez les filles, en raison de diverses pressions socio-économiques résultant de la répression, de la pauvreté, de la corruption et de l’absence d’espoir dans l’avenir.

Au moment où la communauté internationale se concentre sur l’indépendance des femmes, les femmes en Iran sont considérées comme des citoyennes de seconde classe et sont publiquement humiliées et sanctionnées pour être simplement "mal-voilées" ou pour avoir défié les lois misogynes de ce régime. Elles sont privées des droits les plus élémentaires, sont victimes de la ségrégation dans tous les aspects de la vie, on leur refuse le droit d'entrer dans les stades ou de choisir la matière à étudier à l'université, de s’habiller comme elles le veulent ou de pouvoir voyager librement.

Les manifestations et protestations pacifiques ont été brutalement réprimées comme lors des soulèvements nationaux de décembre et janvier dernier avec plus de 8000 arrestations et au moins 50 morts. La liberté d'expression et l'accès à Internet sont sévèrement contrôlés et censurés. 

Le peuple iranien exige depuis longtemps des changements, faisant d'énormes sacrifices sur la voie de la liberté. Plus de 120 000 Iraniens ont sacrifié leur vie pour la défense de la liberté et ce mois de juillet marque le 30e anniversaire du massacre de 30 000 prisonniers politiques durant l'été 1988.

L'Iran est dans la tourmente et le peuple iranien est de plus en plus agité. Il n’hésite plus à défier ce régime incompétent et anachronique, alors que la perspective de changement n'a jamais été aussi proche.

LE RÔLE DE LA RÉSISTANCE IRANIENNE DANS LES PROTESTATIONS NATIONALES

Un autre aspect important des récentes manifestations en Iran, qui a retenu l'attention de nombreux analystes, a été sa nature organisée. Cela a été un facteur clé pour donner un élan accru aux protestations et donner un plus grand succès au mouvement. Il y a des signes évidents de la présence de l'Organisation des Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI) parmi les manifestants, orientant et dirigeant les slogans et les tactiques des protestations. Les mouvements sans leader sont plus faciles à endiguer et à éradiquer avec le recours à l'intimidation et à la répression. La Résistance iranienne, dirigée par une femme, Maryam Radjavi, a été un éclaireur pour les opposants au régime iranien. L’OMPI en Iran a contribué à mobiliser et inspirer la population - en particulier les jeunes et surtout les femmes – pour résister de manière de plus en plus organisée.

L’OMPI a également joué un rôle à part entière pour faire connaître toute l'étendue des atrocités du régime. Elle a travaillé sans relâche pour faire la lumière sur le massacre de 30 000 prisonniers politiques en 1988 et sur les responsables impliqués. Elle a également dénoncé les fausses allégations des mollahs sur un programme nucléaire national en révélant sa quête d'armes nucléaires. L’OMPI pour sa part appelle à un Iran sans armes nucléaires où les ressources du pays seront allouées à son développement économique et social. L’OMPI a été une voix constante de l'opposition et un phare pour les jeunes insatisfaits du statu quo et désireux de faire partie de l'opposition.